Jeudi 21 février 2008
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14:17
- Bonjour Monsieur le Directeur.
- Encore vous ?
- Oui, je viens vous demander une petite augmentation.
- Mais mon cher Monsieur Durand, vous savez bien que ce n'est pas possible, on vous a déjà augmenté il y a trois ans !
- C'est vrai. J'ai eu une belle augmentation de 1,05%, mais les prix augmentent beaucoup plus vite et je n'y arrive plus, alors j'ai décidé de me suicider.
- Ah ! Non, pas de ça chez nous. C'est trop grave !
- Oui, surtout pour moi.
- Ne soyez pas aussi égoïste, Monsieur Durand. Pensez un peu à notre image de marque au lieu de ne penser qu'à vous.
Et combien espériez-vous me soutirer ?
- Je ne veux rien exagérer, mais je pense que 3% serait raisonnable.
- Vous n'y pensez pas ! Avec tous les frais que nous avons, les charges sociales, les mises à la retraite anticipées, les délocalisations de nos usines en Chine et au Pérou ! Vous n'y pensez pas
! Sans compter que moi-même j'ai dû attendre trois ans pour obtenir une petite augmentation.
- C'est vrai, vous avez été patient, mais 170% en une seule fois, ça méritait bien un petit effort, non ?
- Vous oubliez, Monsieur Durand, que je viens de faire une très mauvaise opération boursière en vendant une partie de mes stock-options : j'ai perdu au moins 20 millions d'euros, car j'ai attendu
une année de trop pour les vendre !
- Là, j'avoue que je vous comprends, mais c'est un peu normal pour un chef d'entreprise. Votre rôle c'est de prendre des risques, non ?
- Certes, mais à ce niveau là, ce n'est plus un risque, c'est carrément de l'inconscience. Hélas, je n'avais pas le choix. Je me devais d'offrir quelques babioles à mon épouse. Vous savez, 25 ans
de mariage, ça doit se fêter, vous ne croyez pas ?
- Là, j'avoue que je comprends mieux.
Vous savez, Monsieur le Directeur, les journaux ne connaissent pas leurs limites. Alors ils viennent fouiner dans votre vie privée et publient des informations contestables et des
commentaires peu amènes sur les entreprises capitalistes et leurs dirigeants.
- Je suis bien d'accord avec vous, Monsieur Durand, et je me demande même si je ne devrais pas m'offrir un grand quotidien, ou même une chaîne de télévision.
Ça vous permettrait d'être mieux informé sur vos dirigeants qui ont suffisamment de soucis sans avoir encore à se défendre de ces ragots odieux.
- Vous avez raison, Monsieur le Directeur, et nous autres, on ne viendrait plus vous importuner avec nos petits problèmes personnels. J'avoue avoir honte de ma demande.
- Mais non, mais non, Monsieur Durand. Ce n'est pas votre faute. Vous avez été mal informé et mal conseillé, un point c'est tout !.
Que penseriez-vous d'un nouveau poste, d'une qualification à la hauteur de vos capacités ?
- C'est trop de bonté, mais ce n'est pas de refus, si cela ne vous dérange pas trop.
- Bien sûr que non ! Je vais de ce pas donner les instructions au service du personnel. Quel est votre poste actuel, Monsieur Durand ?
- Je suis préposé au service du nettoyage de vos entrepôts.
- Eh bien ! Dès la semaine prochaine, vous pourrez faire vos valises, Monsieur Durand.
- Comment cela ?
- C'est très simple, je vous nomme directeur responsable du nettoyage de notre nouveau Siège Social !
- Mais alors je n'ai pas besoin de faire mes valises ?
- Bien sûr que si ! Vous allez vous installer dans les bureaux flambant neufs de notre nouveau Siège Social au Pérou.
Bien sûr, plus question d'augmentation, puisque le niveau de vie au Pérou vous permettra de vivre royalement avec la moitié de votre saliare actuel que je vous offre pour ce poste de
prestige.
- Merci mille fois, Monsieur le Directeur. Vous êtes trop bon et je sens que pour moi, c'est la vie de château qui va commencer.
Dommage que ma femme ne pourra pas en profiter.
- Et pourquoi pas ?
- Comme je la connais, elle est capable de refuser de m'accompagner. Elle est trop attachée à notre petit pavillon de banlieue.
- Monsieur Durand, un homme de votre trempe doit prendre le taureau par les cornes. Occupez-vous de votre carrière. Et divorcez !
- Grand merci, Monsieur le Directeur. Sans vous, je continuerais de vivoter en France comme des millions de smicards sans ambition. C'est vraiment sympa de m'avoir ouvert les yeux. Au lieu de
me suicider en banlieue, je pourrai toujours décider de me suicider au Pérou si vous n'êtes pas satisfait de mes services.
- Ne dîtes pas de bêtises, Monsieur Durand. Vous allez voir que les jeunes filles péruviennes vous feront passer vos idées noires, sans compter qu'à 2 dollars la passe, vous ferez de belles
économies et vous oublierez vite votre épouse actuelle avec ses goûts de luxe et son pavillon de banlieue ! C'est ça la vraie vie, Monsieur Durand.
- Je peux vous demander un autre conseil, Monsieur le Directeur ?
- Bien sûr, Monsieur Durand.
- Que va devenir mon fils de 20 ans qui est au chômage ?
- Mais ce n'est pas un problème ! Qu'il vienne me voir et je vous promets de l'engager comme stagiaire. Il occupera votre ancien poste de préposé au nettoyage de mes entrepôts. Pour le salaire,
on verra après son stage !
- Il va être bien content, Monsieur le Directeur, d'autant plus qu'il prend de bien mauvaises habitudes, seul toute la journée devant la télé en guettant chaque nouvelle apparition de Carla
Bruni ! Le RMI et les plaisirs solitaires, c'est mauvais pour le moral de nos jeunes !
- Au revoir Monsieur Durand et dîtes à votre épouse, toujours jeune et belle, qu'elle pourra venir à mon bureau aussi souvent qu'elle le souhaite, comme par le passé. Je veillerai à ce qu'elle ne
manque de rien quand vous travaillerez pour nous au Pérou. Nous sommes une grande famille très ouverte au bonheur de tous, à condition que chacun y mette du sien !
- Merci, Monsieur le Directeur, ma femme est très intuitive et elle m'avait prévenu que vous comprendriez mon problème.
- C'est mon rôle, Monsieur Durand, c'est mon rôle d'encourager les ambitions de mes collaborateurs. A bientôt peut-être et bon voyage !
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Par GALLUS GARRULUS
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Publié dans : Sexe et Humour
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